10.2.21

adele comment?



 J'avais autrefois, dans ma vie précédente, apprécié une BD dont la couverture m’avait interpelée : « Le Bleu est une Couleur Chaude ».

Intriguée,  j'avais commencé à la lire dès la librarie, puis l’achetais.

Je l’ai dévorée ensuite en à peine 15 minutes car je fus renversée d’avoir découvert une histoire aussi magnifique, l’une des plus belles histoires d’amour jamais contées.

Alors, quand j’ai su qu’on allait adapter cette BD au cinéma, j’étais impatiente de voir le résultat, d’autant que le film avait tous les moyens pour surclasser "Love Story" ou "Philadelphia" en termes d’émotion.


Cependant, mon enthousiasme fut rapidement calmé lorsque j’ai appris que c’était Abdellatif Kechiche qui allait le réaliser.

Ce type que toute la presse pseudo-intellectuelle idolâtre, alors que c’est l’un des plus mauvais réalisateurs exerçant de nos temps (tous ses plans n’ont ni début, ni fin, aucune technique de montage, tout est fait au hasard, même les caméras sont positionnées au hasard, les scènes de dialogues se contentent de champs/contre-champs sans saveur, la photographie n’est jamais réellement travaillée, tout juste le strict minimum syndical, une direction d’acteur à côté de la plaque, souvent outrancière, amenant la plupart du temps à l’image des clichés misérables qu’on ne devrait plus voir dans un film au 21ème siècle)

…bref, je doute que ce type ait mis les pieds une seule seconde dans une école de cinéma...

Mes doutes ont empiré lorsqu’ils ont dévoilé le titre du film ("La Vie d’Adèle" ??? Mais qui est Adèle ?? Où est Clémentine ?). Pire encore, tous mes espoirs sont partis en fumée lorsque j’ai appris que le film avait reçu la Palme d’Or, le trophée de cinéma ultime qui récompense toujours le film le moins intéressant du festival !! Ainsi que le prix de mes illustres collègues de FIPRESCI!

C’est donc tout de même avec un peu d’espoir que je m'étais rendue à sa projection dans un cinéma surpeuplé de Cannes 2013…


Mais mon Dieu qu’ai-je fait ?? Mais comment une telle chose a-t-elle pu voir le jour ? Le titre du film aurait dû me mettre la puce à l’oreille : plus rien de la sublime BD de Julie Maroh, ne serait-ce que le fil conducteur de l’histoire et son début où Emma se rendait chez les parents de Clémentine (et oui, Clémentine : PAS Adèle !!!!) juste après son décès…

A la place on se tape une longue et ennuyeuse scène de cours de Français dans une classe quelconque d’un lycée (et allez, Kechiche nous refait le coup de l’horripilant "La Graine et le Mulet"!). Une chose est sûre : Kechiche sait mettre en route une histoire !!

Ensuite nous suivons Adèle avec ses copines pour de passionnantes et intellectuelles discussions (T’as déjà baisé ? Moi je suce si j’ai envie de sucer ! Tu l’as déjà fait à trois ?...ah quelles sont belles les jolies jeunes fleurs d'aujourd'hui...).

Là où dans la BD on voyait Clémentine avec son ami homo Valentin lors d’échanges très intelligents, ici plus rien n’a vraiment d’intérêt scénaristique. Et c’est là où je veux en venir : d’habitude je ne suis pas contre le fait qu’une adaptation soit différente de son matériau d’origine, du moment que la différence est cohérente, construite et intéressante. Mais ici il n’y a que du néant.

Par exemple dans la BD, Clémentine soulignait le doute intérieur qui la ronge par des monologues intéressants et criants de vérité, alors qu’ici on a juste des plans de l’héroïne qui ne dit rien, tentant de dévoiler une émotion sur son visage coincé, d'où on ne ressent rien, et pire : on ne comprend pas ce qui se passe dans la tête d’Adèle.

Voilà pourquoi Kechiche nous affuble de deux scènes de cours de français redondantes : c’est le seul moyen qu’il a trouvé à l’écran pour nous expliquer le désarroi de son héroïne par l'intermédiaire des explications de texte du professeur.

C’était pas assez classe de garder l’idée des monologues ??!!! Mais, comble de la bêtise, c’est que les doutes d’Emma (alors pourquoi elle a gardé son prénom original elle, au fait ??) vis-à-vis de sa relation avec Clémentine sont totalement absent du film. Mais c’est justement cette double peur de leurs sentiments qui rendaient ses deux personnages si touchants et attachants!

Pourquoi avoir fait une love story si insipide? Le film traîne tellement en longueur que c’en est navrant : on s’attarde sur des scènes fades qui n’apportent vraiment rien à la narration (la fête avec les amis d’Emma : pompeuse et inutile, le dialogue entre Adèle et Thomas sur le livre de français pendant qu’ils mangent un Kébab et les scènes de dégustations de spaghettis bolognaises….mais c’est quoi ce trip de montrer des gens bouffer en gros plan ??!!  C’est quoi le message : les jeunes d’aujourd’hui sont des gros porcs ??...).

Justement, je me pose une question : le festival de Cannes 2013 avait-il lancé un concours du gros plan avec une somme à gagner à la clé ? Parce que "La Vie d’Adèle" est composé à 99,99% de GROS PLANS !!!!

Mais à quoi ça sert ? On ne profite d’aucun décor, on ne voit même pas les figurants puisque la caméra étant à 30 cm de la tête de l’héroïne, tout ce qui est autour de sa tête est flou à mort ? Pour faire ça, pas besoin d’argent pour tourner dans des lieux et prendre des acteurs : Adèle sur un fond vert aurait suffit et coûté beaucoup moins cher !!

Le comble c’est que ça rend quelconques des séquences censés être chargées d’émotions (comme le face-à-face entre Adèle et Emma sur le banc ou dans l’herbe),ou ridicules (toutes les scènes de pleurnicheries où l’on ne voit que la morve coulant sur la bouche plutôt que la tristesse du personnage).

Maintenant passons à LA chose qui a choqué les gens : les scènes de sexe. Il y en a trois dont la durée cumulée doit approcher les 15 minutes…là où la BD n’en contenait que 4 pages sur un total de 150 !!!

La première étant la plus longue (presque 8 minutes !!) et tellement poussive (l’actrice qui simulait l’orgasme le plus violent avait droit à une prime de 1000 euros ??) qu’elle en devient ridicule là où, dans la BD, elle était un passage obligé mais tendre.

Ici on a juste l’impression d’assister à un kama-sutra lesbien ou « comment faire jouir une meuf en 45 positions et pratiques ».

Mr Kechiche avait-il envie de se faire plaisir en tournant ? Une vision d’hétérosexuel d'ailleurs, car au lieu de nous montrer une scène d’amour tendre entre deux femmes amoureuses, dont l’une se laisse enfin totalement envahir par sa vraie sexualité, nous assistons impuissants et au bord de la crise de rire à une vulgaire scène lesbienne outrancière que l’on pourrait retrouver dans n’importe film porno de Marc Dorcel.

 Et je terminerais sur le « twist » amenant la fin du film (alors là, rien de rien à voir avec la BD de Maroh) où Adèle, devenue instit (là, aussi…dans la bd on a 3 cases qui nous indiquent qu’elle est instit….et nous on se tape plusieurs scènes scolaires entre Adèle et ses bouts de choux…"La Graine et le Mulet 2, le Retour"), commence à regarder ses élèves et on comprend que elle aussi la pauvre, elle e envie d’être mère…difficile quand on est lesbienne.

Côté acteurs on va juste parler des deux principales puisqu’on ne voit qu’elles à l’écran : tout d’abord je ne comprend pas pourquoi on a pas choisi de vraies adolescentes pour incarner Clémentine (oui : le prénom Adèle m’emmerde) et Emma, car soyons francs, si Léa Seydoux arrive à nous faire croire à une étudiante en Art, Adèle Exarchopoulos est décidément trop vieille pour incarner une jeune fille en première Littéraire ! (à quand Emmanuelle Riva dans l’adaptation de Yoko Tsuno ?).

Et puis Léa Seydoux, qui est pourtant bonne actrice, voit son personnage d’Emma très diminué dans l’histoire par rapport à son modèle et se contente de quelques lignes de dialogues dont certaines sont même navrantes (quand Emma demande à Clémentine de partir, jamais une grossièreté n’est utilisée dans la BD et on en a pas besoin pour ressentir toute la colère d’Emma, alors qu’ici les mots « pute » et « traînée » sont balancés jusqu’à l'overdose…pour Kechiche la vulgarité est le seul moyen d’exprimer la colère ?...faut vraiment prendre des leçons mon pote…) !


Mais le pompon revient à « LA » star du film : Adèle Exarchopoulos. Quel foin on fait sur cette actrice et sa soi-disante prestation magnifique…Mais soyons sérieux : elle affiche toujours la même tronche, sorte de mélange entre un cocker battu et un drogué qui regarde devant lui bouche bée.

Adèle fait nous la compassion : gueule de cocker battu junkie…La mélancolie : gueule de cocker battu junkie…Le doute : gueule de cocker battu junkie…La colère : gueule de cocker battu junkie..qui hausse la voix ! ….Et la tristesse : gueule de cocker battu junkie avec de la morve plein la bouche !

Même Sandra Bullock ou Diane Kruger auraient eu plus de charisme que Mlle Exarchopoulos...Alors pourquoi ce premier rôle ? En plus on oublie le prénom de l’héroïne de base pour garder le sien et on le case dans le titre du film ??!! Est-elle la maîtresse actuelle de Mr Kechiche (et oui on l'a tous appris que moui!).

Lors de scènes n’ayant pas lieu d’être, Kechiche fait dire à son personnage des choses aberrantes de stupidité lui faisant perdre toute crédibilité : une fille en Bac littérraire qui ne connaît que Picasso comme peintre, qui croit que l'huître est un crustacé et qui donne des exemples de réalisateurs comme Stanley Kubrick sans arriver à nommer un de leurs films (Inculte va !!!)...

Bref, si on oublie sa durée supra exagérée, "La Vie d'Adèle" peut être un bon film aux yeux des personnes non cinéphiles, non exigeantes ou n’allant que très rarement au ciné mais, comparé à son modèle d’origine, se plante totalement dans son message. Mais comment a-t-il pu avoir le prix FIPRESCI??? 

D’ailleurs je comprends mieux pourquoi Kechiche n’a même pas mentionné Julie Maroh lors de la remise de sa Palme…

Alors pour tous ceux qui ont aimé la BD, fuyez cette insulte visuelle.

Pour ceux qui ont aimé le film, lisez la BD pour vous rendre compte de la chose (et surtout parce qu’elle est 1000 fois mieux que le film) et regardez "Philadelphia" pour voir une vrai film émouvant et intelligent sur l'homosexualité.

Pour ma part, encore une Palme d’Or de la honte…enfin c’est pas la première, et certainement pas la dernière !!

8.2.20

sundance 2020: of life and death



Summertime 



Director
Screenwriters
Produced by
Written by and Starring
Principal Cast

Summertime assembles an all-star group of young slam poets over a single day (which appears to be July 4, 2019) 
as they traverse corners of Los Angeles. 
Director's Carlos López Estrada  sophomore effort was placed in Sundance’s NEXT section for boundary-pushing and emerging filmmakers. 
Its experimental doc-fiction hybridity 
comes from Estrada’s collaboration with the poets, 
with the script comprised of their poetry 
and transition moments from character to character. 

Almost all of the writers play themselves in the film. 

As an expression of a current trend to co-create films with the communities they depict, 
Summertime is a rousing success, 
one that embraces this ethos 
and reaches to the audience in joyful participation.
Indeed, at this public premiere screening at Sunadnace 2020, the loud cheers, claps, and snaps started 
from the moment the lights went down, 
when the bumper sequence opened 
with a land acknowledgement of the Utes. 
It appears that these videotaped acknowledgements were made with several different Native 
and Indigenous filmmakers 
associated with the Sundance Institute, 
from Bird Runningwater, the director of the Sundance Institute’Indigenous Program 
to Adam Piron, Sundance programmer. 

The personalization of Sundance’s land acknowledgement, 
new this year, 
sharply contrasts with the scripted, dutiful readings that I’ve encountered at other festivals, 
where the mostly-white programmers are the ones typically introducing the films.
 As Summertime is episodic by nature, 
the atmosphere in the screening mimicked that of a slam performance. 
As a result, it was one of the more enjoyable screenings I’ve been to in a while. 
Many scenes ask a lot of the non-professional cast, 
with various skill levels. 
The standout is Tyris Winter, who plays a teenager who was kicked out of his home when he came out as gay. 
His comedic epic quest for acquiring a cheeseburger  drew a huge, cleansing laugh from me as well as cheers from the audience. 

Similarly, the film is at its best 
when its internal movie logic 
rubs against the reality of the world.
Paolina Acuña-González has a scintillating scene, 
where her daydreams manifest on the street, 
and a pair of rappers 
named Anewbyss and Rah 
rise through the stages of an entire career over the course of a day, 
their fame coming from rapping about their mothers. 
Most of its characters pass through working-class spaces, 
which builds towards a genuine vision of solidarity 
across races.

 On the heels of this energy, 
the narrative returns to its scaffolding too many times, 
and the performances are often cut. 
The overly repetitious reminders of certain storylines, 
like a recurring graffiti artist who tags walls with “City of Jason” (his own name), 
strained in achieving a narrative continuity. 

The transitions in the film are often comprised of documentary footage, shot by Sean Wang, 
and serve purely as backdrop. 
This reduction of the richness of the street vendors, 
subway cars, 
and outdoor public spaces to signifiers 
represents, to me, what is frustrating 
about nonfiction nowadays.
 Still, walking out of the screening, 
it was difficult to deny feeling 
that the kids will be alright, 
and that the future looks bright.



This Is Not a Burial, It’s a Resurrection

Director:
Lemohang Jeremiah Mosese
Production:
Cait Pansegrouw
Running Time:
120’
Language:
sesotho
Country:
Lesotho
Year:
2019
Main Cast:
Mary Twala Mhlongo, Jerry Mofokeng Wa, Makhetha, Makhaola Ndebele, Tseko Monaheng, Siphiwe Nzima
Cinematographer:
Pierre De Villiers
Editor:
Lemogang Jeremiah Mosese
Production Designer:
Leila Walter
Costume Designer:
Nao Serati
Music:
Yu Miyashita





I had greatly admired Mosese’s previous film, 
Mother, I Am Suffocating. This Is My Last Film About You.

It was an experimental documentary 
which positioned the filmmaker as part of a global diaspora searching for the meaning of HOME.

This thought on PLACE in This is Not a Burial, then, 
stood out to me. 
Especially since it shares with his previous film 
an aptitude in narrating the quotidian 
in extreme poetic terms.


Cryptic and singular in shape,

dazzling in its play with light and landscape,

rigorously specific to its setting in the highlands of Lesotho,

This Is Not a Burial felt worlds apart 
from the more traditional stories 
that make up most of Sundance’ narrative features.


The film tells the story of an 80-year-old woman, 
Mantoa (Mary Twala Mlongo), 
who discovers on Christmas Day that her son has died in a mining accident in South Africa.

With no family left alive, 
she starts making arrangements for her own burial.

Until she is told by the city council that her village, 
Nasaretha, is about to be flooded for the construction of a dam,

 and that its residents will be resettled in the city. 
But Mantoa is ferm
 in her desire to be buried alongside her ancestors, 
while her neighbors pack up their belongings and, 
harrowingly, 
dig up their dead to take them along. 

This Gothic premise has its roots in reality.

As Lesotho exports 780 million cubic metres of drinking water every year to South Africa. 
This calls for  the construction of reservoirs that force villagers out of their homes. 
They leave behind their land, crops, 
and must either exhume their dead, 
or abandon them to the flooding.

According to its production notes, 
this is the first film made in Lesotho 
in the native language of its local actors. 

Its warnings against the cult of the modernity 
are sharp and humorous.

The village’s chief line, 
“Say the word progress, my tongue rolls backwards” 
will stick with me for a while... 


But every scene seems to tick off important themes: traditional rites versus the church,

a woman being accused of sorcery,

the value of caregivers,

the lure of the city,

politicians only claiming to speak for their constituents.

This is a surrealist fable, 
with fragmented editing 
and dialogue infused with pleinty of myths.

Its soundtrack is composed by the Japanese noise musician, 
the haunting Yu Miyashita. 
You are first taken by his music in the film’s oneiric opening sequence,

 that takes place late at night in a seedy bar.

The camera wanders through smoked chiaroscuro,

 and then settles on an elderly lesiba player and raconteur

who starts narrating ancient tales of war

and plague

and drowned cities

that situate the film in the realm of legend.


THIS IS NOT A BURIAL, IT’S A RESURRECTION 
is devoted to how the idea of HOME plays 
into our own perceptions of mortality and life after death.

The use of both cinematic framing 
and religious undercurrents 
create a film that,

although mournful,

is deeply connected to how we live on.

Giulia Ghica Dobre
February 2020